Programme de science de
la mise en œuvre
Pôle Prairies
Partage des connaissances et production de nouvelles données probantes pour soutenir la mise en œuvre des services de consommation supervisée (SCS) au Canada
Groupe de leadership
- Ayden Scheim (St. Michael’s Hospital, ON);
- Cam Wild (University of Alberta, AB);
- Carole Morissette† (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, QC);
- Dan Werb (St. Michael’s Hospital, ON);
- Lois Jackson (Dalhousie University, NS);
- Ryan McNeil (University of BC, BC),
- Brandi Abele (CAPUD, SK),
- Mary Clare Kennedy (BCCSU, BC)
Objectifs
Le projet vise à répondre à certains des obstacles actuels au déploiement à plus grande échelle et à la pérennisation des services de consommation supervisée (SCS) au Canada, en synthétisant et en diffusant les connaissances existantes et en produisant de nouvelles données probantes issues de la recherche. Dans le cadre de ces objectifs généraux, nous prévoyons atteindre les objectifs spécifiques suivants :
- Élaborer un document national d’orientation fondé sur les données probantes ainsi qu’un répertoire de ressources en ligne pour aider les communautés à planifier, concevoir, obtenir du soutien pour la mise en place et mettre en œuvre des SCS;
- Favoriser une communication scientifique rigoureuse sur les SCS en créant des ressources en langage clair fondées sur les données probantes, qui expliquent les SCS et leurs effets potentiels sur la santé publique;
- Décrire systématiquement les modèles de SCS actuellement en place au Canada et examiner leur portée auprès de populations cibles précises au moyen d’un sondage national, puis produire des études de cas approfondies portant sur des approches particulièrement novatrices.
Contexte
Les services de consommation supervisée (SCS), également appelés sites de prévention des surdoses (SPS), offrent un environnement sécuritaire et stérile où les personnes peuvent consommer des drogues illicites obtenues au préalable, être surveillées et recevoir des soins médicaux d’urgence en cas de surdose. Ces services fournissent du matériel d’injection et d’autres fournitures de réduction des méfaits, et proposent souvent des références vers d’autres services de santé et de soutien social, à l’interne ou à l’externe. De nombreuses études — notamment un vaste corpus de données probantes provenant du site Insite à Vancouver — ont démontré les effets bénéfiques des SCS sur la santé publique, notamment : la réduction du risque de décès par surdose, de l’incidence du VIH et d’autres problèmes de santé; l’augmentation du recours aux traitements et aux services de santé; ainsi que l’atténuation des nuisances et de la présence de matériel lié à la consommation de drogues par injection dans les lieux publics. La crise nationale des surdoses que traverse le Canada entraîne actuellement une expansion sans précédent des SCS et des SPS.
Jusqu’à la fin de 2016, seuls deux SCS officiels avaient été mis en place au Canada. À l’heure actuelle, le ministre fédéral de la Santé a approuvé 36 SCS. En plus des services approuvés par le gouvernement fédéral, des dizaines de SPS — qui fonctionnent généralement dans des lieux temporaires et selon des modèles de services simplifiés — ont été mis sur pied sous la responsabilité des autorités sanitaires provinciales. Malgré cette expansion rapide, les SCS demeurent relativement peu répandus au Canada. Ils sont actuellement offerts dans seulement cinq provinces — la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, l’Ontario et le Québec — et sont principalement situés dans les grands centres urbains. Même dans les provinces où des services ont été mis en place, certaines communautés continuent de rencontrer des retards et des difficultés dans l’établissement de SCS. Par ailleurs, malgré les préoccupations croissantes concernant les surdoses au Manitoba, dans certaines régions du Canada atlantique et dans le Nord, aucun progrès notable n’a été réalisé vers la mise en œuvre de SCS. Par conséquent, l’accès aux SCS au Canada peut être décrit comme insuffisant et très variable, et les autorités sanitaires n’ont pas encore intégré ces services comme une composante courante de l’éventail de soins offerts aux personnes qui utilisent des drogues (PUD).
La mise en œuvre inégale des SCS, malgré les progrès récents réalisés dans certains milieux, s’explique en grande partie par les difficultés associées à l’établissement d’un SCS au Canada. L’obtention d’une exemption fédérale peut prendre plus d’un an et dépend de la présentation d’une demande détaillée et technique comprenant notamment : des preuves de consultation de la communauté; des données sur les conditions locales démontrant la nécessité d’un SCS; des renseignements sur les répercussions potentielles sur la criminalité; des politiques et procédures opérationnelles finalisées; des plans de sécurité; une inspection réussie du site; ainsi que d’autres documents. Les efforts déployés par les promoteur·rices pour élaborer des dossiers solides en faveur de la mise en place de SCS sont également compliqués par le manque d’informations, de ressources et de lignes directrices facilement accessibles sur la façon de démontrer la nécessité d’un SCS, de mener des consultations communautaires, de concevoir, de présenter une demande, de mettre sur pied et d’exploiter un SCS au Canada avec succès.
Composante du projet
Site web : Whyscs.ca
- Le site Web présente de l’information sur les services de consommation supervisée (SCS) au Canada, notamment de nombreuses infographies sur les SCS. Accéder au site Web
- Document national d’orientation fondé sur les données probantes pour l’exploitation des services de consommation supervisée (SCS). Consulter le document