Désintoxication et gestion du sevrage
- Brian Rush et Jürgen Rehm (Institut de recherche sur les politiques en santé mentale/CAMH, ON)
- Nikki Bozinoff et Tara Elton-Marshall (CAMH, ON);
- Keith Ahamad (BCCSU, C.-B.);
- Annie Talbot (Université de Montréal, QC);
- Samuel Hickcox (Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse, N.-É.);
- Helen Bouman (Albert Health Services, AB)
Contexte
Compte tenu de la grande taille de la population avec des troubles liés à l’utilisation d’opioïdes et des méfaits connexes qui constituent un élément central de la « crise des opioïdes », la prestation complète et efficace d’interventions thérapeutiques fondées sur des données probantes constitue un élément clé de la stratégie d’intervention requise. Les interventions thérapeutiques pour le trouble lié à l’utilisation d’opioïdes consistent principalement en une pharmacothérapie aux opioïdes à long terme, p. ex., en tant qu’option de « réponse de première intention ». Il existe cependant d’autres interventions thérapeutiques qui, pour diverses raisons (p. ex., infrastructure, ressources ou expertise limitées du TAO), sont offertes ou pratiquées au Canada, y compris des approches dites de « désintoxication et de gestion du sevrage ». Certaines d’entre elles, telles qu’elles sont actuellement pratiquées, sont fondées sur une base de données probantes minimale. Néanmoins, les pratiques sont également relativement diversifiées au Canada et comprennent un risque considérable de préjudice (p. ex., surdose due à une baisse de la tolérance) pour le patient, tandis que pour d’autres (p. ex., réduction progressive des opioïdes, fourniture de naltrexone), les données probantes n’émergent que lentement. Dans l’ensemble, il existe actuellement peu de directives fondées sur des données probantes sur ces approches, ce que le projet vise à aborder et à améliorer.
Composantes du projet
Analyse de l’environnement des pratiques et des besoins en matière de désintoxication et de gestion du sevrage au Canada
Des approches de désintoxication et/ou de gestion du sevrage pour les troubles liés à l’utilisation d’opioïdes sont offertes et pratiquées dans un nombre important d’établissements ou d’établissements au Canada; Bon nombre de ces pratiques sont fondées sur des données probantes inexistantes et/ou douteuses et présentent un risque considérable de préjudices aigus (p. ex., décès accidentel par surdose) pour les patients. En même temps, il semble y avoir besoin d’une orientation ou d’un soutien fondé sur des données probantes pour les approches de gestion de la désintoxication et du sevrage des opioïdes, en fonction des besoins ou des demandes des patients ou du système ou de l’infrastructure (p. ex., lorsque les patients préfèrent ne pas consommer d’opioïdes ou des environnements où la capacité ou les compétences en matière de TAO n’existent pas).
Pour répondre à ce besoin, l’équipe a effectué une analyse complète de l’environnement des pratiques institutionnelles actuelles et des besoins en matière d’information et de données probantes liés aux services de désintoxication et de gestion du sevrage pour les OUD au Canada.
Élaboration d’un examen de la gestion de la désintoxication et du sevrage des opioïdes et d’un document sur les pratiques exemplaires
Les approches de désintoxication et de gestion du sevrage liées aux opioïdes ont leur place dans le continuum ou le spectre des interventions thérapeutiques. Il existe plusieurs approches différentes pour la gestion de la désintoxication et du sevrage liés aux opioïdes. Bien que ces données comprennent ou soient appuyées par des données probantes limitées, mitigées ou controversées, la prestation et la pratique réelles se font souvent de manière non fondée sur des données probantes (p. ex., désintoxication des opioïdes sans médicaments). Pour d’autres éléments, p. ex. la réduction progressive des opioïdes ou la fourniture de naltrexone (p. ex., en tant que soins de suivi de la désintoxication), la base de données probantes est limitée, mais évolue, également parce que les pratiques thérapeutiques et/ou les médicaments pertinents sont relativement nouveaux. Les objectifs sont les suivants :
- Effectuer un examen de la portée et de la narration des données probantes actuelles sur les pratiques de désintoxication et de gestion du sevrage liés aux troubles opioïdes (y compris la réduction progressive des opioïdes, les dispositions relatives à la naltrexone), les questions d’innocuité et les résultats, c’est-à-dire en mettant l’accent sur les approches thérapeutiques des troubles liés aux opioïdes qui ne sont pas axées sur le traitement pharmacothérapeutique à long terme des opioïdes.
- Créer un document de pratiques exemplaires fondé sur des données probantes sur la désintoxication et la gestion du sevrage liés aux troubles opioïdes.
- Élaborer divers outils et stratégies d’application des connaissances pour mobiliser les fournisseurs et les intervenants concernés.